Alors que revoilà Guillaume Peltier…

Le Lab Europe 1 a publié une interview de Guillaume Peltier dans le cadre d’une série consacrée aux jeunes politiques, de gauche comme de droite.

Après sa défaite (pas la première, ni la dernière probablement) aux Législatives en Juin dernier, Guillaume Peltier avait annoncé son intention de se présenter à Tours aux élections municipales de 2014. Nul doute qu’il va se servir de cette interview pour tenter de lisser son image, d’apparaître comme plus présentable. Quitte à passer un peu trop rapidement sur certains aspects de son parcours politique.

Guillaume Peltier a toujours eu du mal avec son passé frontiste, comme quelque chose de pas totalement assumé. Il avait également parlé de son engagement au FN comme d’une erreur de jeunesse et récidive d’ailleurs dans l’article du Lab: « En 1997, alors que j’étais un adolescent révolté, j’ai milité pour le Front National« . Petit rappel, Guillaume Peltier est né en 1976. Il avait donc 21 ans en 1997. Un peu vieux pour un adolescent.

Dans le document de Serge Moati sur les Législatives 2012, on le voyait affirmer qu’il n’avait passé que quelques mois au Front National. Dans l’article du Lab, il déclare avoir milité au FN à partir de 1997 avant de le quitter après avoir « été écoeuré par les idées portées par ce parti, ses dérapages et ses méthodes » et passe directement à son engagement auprès de Philippe de Villiers en 2001.

Ah non, c’est un peu court, jeune homme (Rostand, si tu me lis…).

Petit retour sur la période 1996-2001.

Ainsi donc l’adolescent révolté d’une vingtaine d’années qu’il était intègre le Front National de la Jeunesse (FNJ) . Dans le même temps il participe à la fondation de l’association Jeunesse Action Chrétienté, engagée contre le PACS et l’IVG. Il devient l’adjoint de Samuel Maréchal à la tête du FNJ.

Dans l’émission « On n’est pas couché », diffusée sur France 2 le 23 Janvier 2007, il avait déclaré être parti  « à cause du 2e détail que [Le Pen] a prononcé à Munich fin 97 début 98, j’ai quitté le parti de Jean-marie Le Pen à ce moment-là. » là encore, inexact: Le Pen a ressorti le « détail » à Munich le 5 Décembre 1997 mais Peltier n’a quitté le FN qu’à l’été 1998 (soit bien après les Régionales de Mars 1998) pour rejoindre le MNR et assister au congrès fondateur du parti à Marignane en Janvier 1999.

Voilà pour la période que Guillaume Peltier aimerait bien passer sous silence.

Guillaume Peltier au MPF

Grâce à ces liens avec Ichtus (anti-PACS et anti-IVG, entre autres), proche de son association J.A.C., il rencontre Guillaume de Villiers qui lui présente son père, Philippe de Villiers, qui le nomme responsable des jeunes au MPF en 2001. Il se présente aux législatives de 2002, échoue avec 2.89% des voix et est condamné à un an d’inéligibilté par le Conseil Constitutionnel, saisi par la Commission Nationale des comptes de campagne. Devenu secrétaire général du parti en 2004,  il conduit la liste MPF pour la circonscription Massif Central-Centre aux Européennes de 2004 et recueille 6.62% des voix (donc aucun élu), ce qu’il se garde bien de mentionner dans l’interview du Lab. Il omet également de mentionner qu’il n’était pas simplement porte-parole de Philippe de Villiers lors du référendum de Mai 2005 mais également directeur de campagne, et rempile pour la Présidentielle de 2007. La campagne lui permet de faire le tour des plateaux télé, autant d’occasions pour lui de fustiger… Nicolas Sarkozy et les sondages (savoureux lorsqu’on connaît la suite de sa carrière politique).

Sur les sondages: « Les sondages se sont toujours plantés, il y a toujours des gens pour y croire » On n’est pas couché – France 2 – 23 Janvier 2007

Sur Sarkozy:  » Personne n’agit parce que Nicolas Sarkozy ne veut pas agir. Il a donné le pouvoir au sein du Culte français du culte musulman à l’UOIF, aux Frères Musulmans […] Il a été le ministre de l’illusion et de la désillusion. Nicolas Sarkozy est un communautariste alors même que Philippe de Villiers est sans doute le dernier aujourd’hui à défendre les valeurs de la République. » Les grandes gueules – RMC – 26 Mars 2007

Retour sur l’interview du Lab. Là encore, il passe rapidement sur ses échecs électoraux de 2007-2008:  il mentionne certes les législatives de 2007 (mais oublie son score de 5.92%) mais zappe totalement les élections municipales (8.44%) et cantonales (21.87%) de 2008.

Réalisant sans doute que l’étiquette MPF ne lui permettra pas de gagner, il quitte le parti en 2008 et rejoint l’UMP de Nicolas Sarkozy (« le ministre de l’illusion et de la désillusion ») en 2009. Chargé de la communication de l’UMP 37, battu (certes de justesse) aux cantonales de 2011, il devient le Monsieur Sondages (« Les sondages se sont toujours plantés, il y a toujours des gens pour y croire« ) de l’UMP en 2012.

Voilà toutes les contradictions que Guillaume Peltier a tenté de passer sous silence dans cette interview donnée au Lab. Il se présente comme un homme de valeurs, de convictions. Coïncidences, alors, ses départs successifs:

  • du FN après les régionales de 1998?
  • du MNR après le naufrage du parti?
  • du MPF après les échecs électoraux de 2007-2008?

Et maintenant la création du mouvement « La droite forte » en vue du congrès de l’UMP cet automne. Une manière de se ménager une porte de sortie au cas où?

Pour aller plus loin:

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